Les différents visages de la danse contemporaine au Moyen-Orient

En dépit des obstacles, la danse contemporaine se dessine timidement une place dans la région grâce à la passion et au dévouement d’artistes avant-gardistes

Omar Rajeh, pionnier de la danse contemporaine au Liban, lors de la 1e représentation mondiale de son spectacle, Minaret, lors du festival Romaeuropa, en septembre 2018 à Rome (Stephan Floss/avec l’aimable autorisation d’Omar Rajeh)

Aujourd’hui, elle est également un moyen d’insuffler un nouveau souffle à des danses traditionnelles, voire folkloriques.

Mais qu’en est-il de son expression au Moyen-Orient ? Enquête sur ces personnalités qui œuvrent à développer la danse contemporaine dans la région.

# Liban

Omar Rajeh, pionnier et fondateur de la danse contemporaine au Liban

Petit prince de la danse contemporaine au pays du Cèdre, Omar Rajeh s’est formé au théâtre et à la danse à Beyrouth et en Angleterre. Lorsqu’il revient dans son pays en 2002, il est frappé par le manque d’infrastructures.

« À l’époque, le terme même de danse contemporaine n’existait pas »

– Omar Rajeh, danseur et chorégraphe libanais

« À l’époque, le terme même de danse contemporaine n’existait pas. Il n’y avait pas de réels lieux qui lui étaient dédiés. Quand j’ai commencé à faire mes performances, le public était réceptif et je me suis dit qu’il fallait penser à plus grande échelle et réfléchir à créer une infrastructure globale pour la danse au Liban », déclare-t-il à Middle East Eye.

Il créé alors Maqamat, la première compagnie de danse contemporaine libanaise, puis lance dans la foulée en 2004 le festival de danse contemporaine Bipod, qui présente chaque année à Beyrouth des compagnies composées d’artistes confirmés et émergents venus du Maghreb, d’Égypte et du Levant.

Déterminé à créer un véritable réseau panarabe de danse contemporaine, Omar Rajeh cofonde également le Masahat Dance Network, en collaboration avec Khaled Elayyan, chorégraphe et directeur artistique de Sareyyet Ramallah, un institut dédié à promouvoir la culture et les arts en Cisjordanie occupée.

Photo issue du spectacle de danse contemporaine Minaret, chorégraphié par Omar Rajeh, lors de sa représentation au festival Romaeuropa 2018 (Cosimo Trimboli/avec l’aimable autorisation d’Omar Rajeh)
Photo issue du spectacle de danse contemporaine Minaret, chorégraphié par Omar Rajeh, lors de sa représentation au festival Romaeuropa 2018 (Cosimo Trimboli/avec l’aimable autorisation d’Omar Rajeh)

Le réseau comprend des institutions à la fois localisées au Liban (Maqamat), en Palestine (Sareyyet Ramallah), en Jordanie (NCCA) et en Syrie (Tanween) jusqu’au début du conflit.

« Le but de ce réseau est de consolider nos actions et de favoriser la circulation des artistes en exposant nos danseurs locaux au sein de différents événements, mais aussi en permettant aux compagnies internationales venant se produire au Liban de le faire également en Jordanie et en Palestine. C’est pour cela que le festival Bipod, le festival de danse contemporaine de Ramallah (RCDF) et celui d’Amman (ACDF) sont programmés au même moment du calendrier », poursuit Omar Rajeh.

Le chorégraphe fait naître en outre la plateforme Moultaqa Leymoun, dont le but est d’offrir une vitrine internationale aux travaux d’artistes libanais et arabes à travers la création de spectacles. Elle se concentre également sur l’organisation d’ateliers, de panels de discussion et la formation des danseurs avec le programme artistique Takween.

 

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