Omar Rajeh : “Faire comprendre aux gouvernements la nécessité de supporter les artistes”

Inscrire le Liban et le Moyen-Orient sur la carte de la danse contemporaine, voici la mission que s’est fixée le chorégraphe et danseur Omar Rajeh il y a 17 ans, lorsqu’il a fondé BIPOD, premier festival de danse contemporaine au Liban. Sa dernière édition se déroule du 4 au 7 avril 2019 à Beyrouth. L’occasion de découvrir une programmation éclectique avec des danseurs venus d’Iran, d’Italie ou encore d’Espagne, mais surtout d’inaugurer Citerne, un nouvel espace multidisciplinaire exclusivement dédié aux arts contemporains au cœur de la capitale libanaise.

Conçu il y a deux ans comme un espace temporaire, Citerne s’installe aujourd’hui au sein d’une vaste structure d’acier d’une surface 1000m2 et composée de trois pièces modulables selon les besoins des artistes. A travers cette nouvelle adresse, le directeur artistique de la compagnie Maqamat Dance Theatre espère développer et maintenir la scène d’arts contemporains libanaise, en la connectant aux artistes du monde entier. Il nous parle de l’état de la scène culturelle contemporaine dans les pays arabes aujourd’hui.

Qu’est ce qui vous a motivé à créer BIPOD, le premier festival de danse contemporaine au Liban en 2002?

Pour moi c’était un processus naturel. Je me suis formé au Liban puis j’ai continué mes études en Angleterre. Quand je suis revenu à Beyrouth, la scène autour de la danse contemporaine n’existait pas. J’ai donc commencé à faire des performances en 2002  qui ont rencontré pas mal de succès, puis je me demandé quelles seraient les prochaines étapes. Il était important pour moi de réfléchir sur la possibilité d’un événement à plus grande échelle au Liban. C’est ainsi qu’est venue l’idée du festival.

Comment cette scène a t-elle évoluée aujourd’hui?

Le festival est maintenant bien établi au Liban et dans la région. C’est un événement culturel majeur dans le pays, et pas seulement au niveau de la danse. Il a réussi à créer un réseau régional et international de danseurs et de chorégraphes. Chaque année, nous recevons des propositions très intéressantes de la part d’artistes du monde entier. Je crois que le festival est également parvenu à influencer la politique libanaise sur la gestion de la scène culturelle et artistique nationale, en soulevant des question structurelles.

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