Logos, représenter la radicalisation à travers la danse selon Adel el Shafey

La deuxième édition du Printemps de la danse arabe se déroule du 22 mars au 28 juin 2019 prochain dans sept lieux différents. Un événement unique pour témoigner de l’actualité chorégraphique en lien avec le monde arabe.

A l’occasion, le Français d’origine égyptienne Adel El Shafey présente Logos à l’Institut du monde arabe une performance solo où il explore la radicalisation des esprits et des corps à travers la danse. Né à Aix en Provence en 1985, le danseur et chorégraphe obtient un bac littéraire puis suit pendant six mois un cursus en fac d’histoire avant d’arrêter quelques temps. Une errance nécessaire dans laquelle il se lance dans une exploration personnelle, se formant au mouvement et à la danse en autodidacte, espérant en faire un jour son métier.  Des années plus tard, son voeu est exaucé et il rejoint la compagnie de danse Chambérienne Alexandra N’possee. avec laquelle il part en tournée plusieurs mois. Depuis 2015, il a fondé sa propre compagnie: Le scribe. Nous l’avons rencontré avant la représentation.

Comment vous avez rencontré la danse?

J’ai toujours été attiré par la scène quelque-soit la discipline. J’étais captivé par la performance, plus que le football ou même les arts martiaux que je pratiquais à l’époque.Très vite, j’ai eu ce rêve d’être danseur sans même avoir de compétences. J’aimais le mouvement et quand il y avait une occasion de danser, je le faisais. Au lycée, j’ai commencé à être attiré par la danse hip-hop. Je me suis alors formé avec des amis. Ce n’était pas vraiment sérieux mais j’ai toujours été très assidu dans mes recherches et entraînements. La danse était pour moi une activité saine qui me permettait d’affirmer mon identité, un exutoire.

Quels ont été vos premiers pas vers la professionnalisation ?

J’ai beaucoup travaillé en espérant pouvoir un jour faire une scène. Au début, je donnais des cours de danse au fin fond de la région et faisais des boulots à mi-temps, tout en m’entraînant. Je pouvais m’entraîner de 8 heures à 3h du matin dans la salle en préfabriqué de ma fac. Je n’avais pas d’objectifs, je voulais juste devenir crédible en danse hip hop. J’ai alors développé mes recherches en popping. Une discipline exigeante où on utilise des effets de dislocation et qui nécessite beaucoup d’engagement.

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