Yasmine Khlat: Egypte 51, fresque nostalgique de l’Egypte avant la crise du Canal de Suez

Yasmine Khlat a bien connu l’exil. Celui de ses parents nés à Alexandrie et expulsé d’Egypte après la nationalisation du Canal de Suez, et le sien, au début de la guerre civile libanaise. Depuis, elle vit à Paris, bien qu’elle porte toujours en elle la mémoire des vents violents de l’éloignement.

Après trois romans le désespoir est un péchépartition libre pour Isabelle et le DiamantaireYasmine Khlat vient de sortir Egypte 51 aux éditions Elyzad: un roman épistolaire poétique sur une Egypte troublée, à l’aube de la nationalisation du Canal de Suez. Une période agitée vécu à l’intérieur d’une communauté syro-libanaise privilégiée, qui offre néanmoins un tableau brut de l’agitation sociale et politique de l’époque. Derrière les échanges d’apparence anodine entre les deux protagonistes, se dresse en toile de fond les différences de classe, effleurant peu à peu le drame d’une société qui se délite. L’auteur revient sur le contexte de ce roman épistolaire historique…

D’où viennent ces correspondances entre les deux personnages principaux? Ces lettres sont-elles celles de vos parents ou ont-elles été inventées?

Les correspondances de mes parents ont été une inspiration qui m’ont donné envie d’écrire ce roman épistolaire, mais les personnages ne correspondent pas à leur vie. Mon père était bien médecin au Canal de Suez, mais le personnage de Mia par exemple, est un métissage entre ma mère et moi. Quant à Abd el Hay et Ramo, ils ont été totalement inventé, même si l’histoire s’inscrit effectivement dans mon milieu: celui des familles syro-libanaises d’Egypte.

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