6 Artistes Saoudiennes qui créent de l’impact Social

Désormais autorisées à conduire et à entrer dans l’armée, la lente et progressive reconquête des femmes du royaume ne compte pas s’arrêter là. Elle s’exprime aussi sur la scène artistique, où ces dernières sont en première ligne du renouveau culturel du pays. Portraits de 6 saoudiennes qui créent de l’impact social.

 Tasneem Al Sultan

Sélectionnée parmi les photographes à suivre en 2017 par le journal de photographie américain PND, Tasneem fait ses débuts dans l’image en immortalisant des mariages. Plus de 120 noces plus tard, ses clichés capturent la réalité sociale de son pays, à l’instar de Saudi Tales of Love, une série qui dépeint le quotidien des femmes mariées, divorcées et veuves d’Arabie Saoudite. Elevée entre les Etats-Unis et l’Angleterre, elle pose un regard neuf et intime sur la société de son pays d’origine en bousculant les perspectives.

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 Fatima Al Banawi

Comédienne, auteur, artiste visuelle, Fatima Al Banawi a été remarquée dans Barakah meets Barakah, une comédie sur les difficultés du « flirt » à la saoudienne. Après avoir obtenu une licence en psychologie et un Master de théologie de l’Université d’Harvard, elle tente aujourd’hui de créer de l’impact social à travers sa démarche artistique. Elle a mis en place le Théâtre des opprimés dans le garage de sa maison, une technique de transformation sociale par l’art dramatique. Résidente à la Citée des Arts de Paris, elle a présenté une performance solo Amours saoudiennes, dans laquelle elle récolte les récits des habitants de Djeddah sur l’amour et la perte, dans le cadre du festival Do Disturb, au Palais de Tokyo du 6 au 8 avril dernier.

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Hanaa Al Fassi

Réalisatrice cosmopolite, formée en Egypte et aux Etats Unis, cette saoudienne d’origine marocaine est la co-fondatrice de la maison de production Axe Pictures, et se décrie sur sa page Twitter comme une réalisatrice « en colère qui se bat avec des démons qui lui disent de se couvrir en premier ». Remarquée par son court métrage The Last Sohour présenté lors de 15 festivals internationaux, elle est en ce moment en pré-production de Lollipop, une réflexion satyrique sur une petite fille qui dissimule ses menstruations pour ne pas avoir à porter le niqab. Une référence à un tract national de prévention contre le harcèlement sexuel, démontrant une femme enrobée dans du papier de sucette, pour se « protéger des mouches ».

Madawi Albaz

Originaire de Ryiadh, Madawi a étudié les beaux arts à Londres, avant de lancer sa galerie d’art Dawi à Al Khobar, une ville de l’Est de l’Arabie Saoudite. Membre active de différents groupes artistiques et du WAW Women’s Art World, elle était la commissaire d’exposition en mars dernier du premier projet de graffiti du royaume, en invitant 10 artistes émergents à recouvrir les rues d’un ancien quartier de la ville.

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Sarah Al Abdali

Née à Djeddah, Sarah Al Abdali est très proche de la culture de sa région natale du Hejaz. Après une formation de graphiste et un Master d’arts traditionnels à Londres, elle en explore à la fois l’héritage architectural et artistique , tout en observant ses mutations sociales et urbaines. Son travail s’appuie à la fois sur une recherche poussée sur la culture arabe et ses légendes, que sur la philosophie islamique. Des études qu’elle exprime à travers des médias variés comme le graffiti, elle fut une des premières graffeuses du royaume, mais aussi la peinture ou l’illustration de bande dessinée. Elle est aujourd’hui consultante pour la commission Saoudienne sur le tourisme et les antiquités, et a créé un programme pour soutenir les femmes artisans de sa région.

Ahaad Al Amoudi

Née à Djeddah, Ahaad Al Amoudi revisite l’esthétique traditionnelle saoudienne dans le contexte actuel. Présente à la Young International Art Fair en octobre dernier à Paris, elle a été représentée par la galerie saoudienne Hafez lors de Art Dubaï avec My palm, Your palm, Our palm, une œuvre qui évoque les thèmes de la transmission et de l’héritage dans la famille, ainsi qu’une série de vidéos mêlant culture traditionnelle et populaire saoudienne. Elle est également membre d’une résidence artistique futuriste qui explore l’innovation Niun.

 

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