Pia poppenreiter, maquerelle 2.0?

Madame Claude ayant trépassé depuis peu, les adeptes du sexe tarifé peuvent se rassurer: la relève est d’ores et déjà assurée. Sous des traits blonds et angéliques, se tient  une entremetteuse d’un nouveau genre.

Pour ce faire,  ce n’est pas son carnet d’adresses qu’elle utilise, mais plutôt les nouvelles technologies. C’est ainsi en un simple clic que l’Autrichienne Pia Victoria Poppenreiter a lancé il y a six mois Ohlala, un site internet de “rencontres payantes” mettant en relation des hommes à la quête de relations sexuelles tarifées et des femmes désireuses d’arrondir leurs fins de mois. Si le projet fait déjà grand bruit, cela n’effraie pas la jeune entrepreneuse qui n’en est pas à son premier coup d’essai.

 

Du sexe de proximité

Surnommé le über du sexe, Ohlala propose à des hommes en quête de “bon temps” de géolocaliser des femmes à proximité de chez eux. Très ergonomique, l’application permet d’organiser une rencontre en trois étapes seulement. Pour cela, il suffit au demandeur d’établir une requête avec description de son “rendez-vous idéal”, à la suite de laquelle des femmes situées près de chez lui vont pouvoir répondre si elles sont intéressées. Les deux peuvent alors dialoguer en messagerie privée et se mettre d’accord sur les formalités de leur rencontre.

Côté filles, même histoire. Ces dernières peuvent constituer leur profil en trois clics et demeurent libres de sélectionner les hommes qui l’ont regardé et souhaitent les rencontrer. Pour le moment, le service est gratuit, mais la jeune entrepreneuse ne cache pas ses ambitions d’en faire prochainement une plateforme payante. “J’aimerai relancer une version optimisée du service et commencer un processus de paiement”.

Un gros bémol est à noter ce- pendant, et cela concerne la sécurité des données des usagers que rien ne garantit pour le moment, même si Pia Poppenreiter et son associé travaillent actuellement à corriger cette lacune: ils lanceront prochainement un système de repérage des faux profils. Idem pour la supervision du rencard : aucune mesure ne semble être prise pour sécuriser le bon déroulement des “opérations” et assurer une intervention si les choses tournaient au vinaigre. Aujourd’hui, seuls ceux qui habitent en Allemagne peuvent profiter de ce service qui est proposé uniquement dans les villes de Berlin, Frankfort, Hambourg et Munich. Une situation qui ne devrait pas durer longtemps, car la jeune femme prévoit déjà de le développer dans les pays où la pratique est légalisée.

Pour l’instant, à défaut de jouer les escorts ou d’en rencontrer une, si vous êtes bon en allemand, vous pouvez toujours lire les quelques articles fournis sur le site de l’application. On y trouve des city-guides, mais aussi des conseils pour s’échapper d’un rendez-vous raté, ou encore un kit à glisser dans son sac à main pour le premier soir (un des conseils: penser à prévenir une amie avant de partir au cas où…). Un peu glauque, mais bon…si êtes bon en allemand, vous pouvez toujours lire les quelques articles fournis sur le site de l’application. On y trouve des city-guides, mais aussi des conseils pour s’échapper d’un rendez-vous raté, ou en- core un kit à glisser dans son sac à main pour le premier soir (un des conseils: penser à prévenir une amie avant de partir au cas où…). Un peu glauque, mais bon…

Profession: proxénète?

L’Allemagne a légalisé la prostitution en 2002. Là-bas, les travailleuses du sexe bénéficient d’une couverture sociale (assurance maladie et chômage) prévue par la loi au même titre que n’importe quel employé, même si dans les faits, très peu d’entre elles possèdent un réel contrat de travail. Après des études de commerce et de finance dans son pays d’origine, l’Autriche, Pia Poppenreiter reçoit une bourse pour effectuer un master en commerce et éthique à Berlin. C’est un soir, alors qu’elle sort d’un restaurant pour aller dans un bar, que lui vient son idée. “Je voyais des femmes attendre des clients sur le trottoir au milieu de la nuit et alors qu’il faisait froid, je me suis dit qu’il fallait un moyen d’éviter ça.” Elle lance en 2014, Peppr, une application qui offre la possibilité à des hommes de trouver une prostituée à proximité de chez eux.

Cependant, vivement critiquée sur les réseaux sociaux par la communauté et par ses utilisateurs, elle sera remplacée en 2015 par une nouvelle version plus aseptisée, avec une terminologie mettant l’accent sur le consentement mutuel des deux parties et moins sur l’aspect commercial et érotique. Un projet assez audacieux quand on connaît les origines de la jeune femme, née et élevée en Autriche, pays plutôt catholique et conservateur.

“J’ai la chance d’avoir été élevée par des  parents ouverts d’esprit et d’être entourée par des amis qui le sont aussi, donc j’ai toujours pu compter sur leur support depuis le début, même si je n’ai rien contre le fait d’être critiquée, tant que c’est de manière   constructive.   Bizarrement,  ce sont les Autrichiens, mes compatriotes, qui sont les plus réticents et les plus critiques vis-à-vis du site, bien qu’il ne soit pas proposé chez eux.”

 Peu soucieuse du qu’en-dira-t- on, elle fait ce qu’elle aime et compte bien passer ses prochaines années à consolider son entreprise, même si cela lui vaut d’être méchamment étiquetée. “Je suis une entrepreneuse de cœur. Dans la vie, tu es jugée, peu importe ce que tu fais, donc je préfère l’être en faisant quelque chose qui a du sens pour moi”. Quant aux féministes qui l’accusent de mettre des femmes sur le marché comme on vend des pizzas, elle répond: “J’ai conçu cette application pour les prostituées et dans une bonne intention, celle de leur éviter d’être sur la route.” Alors, merci qui?

En attendant, on a hâte de voir Ohlala se conjuguer au masculin, juste comme  ça…

 

 

 

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