L’envol de Li Wei

Après le succès et le bruit autour de l’exposition Ai Wei Wei au Jeu de Paume, c’est au tour d’une autre figure du Pékin underground de faire un saut à Paris, j’ai nommé Li Wei.
Si l’artiste ne joue pas sur le terrain de la provocation comme son acolyte Wei Wei, son œuvre n’en est pas moins signifiante.  Sauf que l’artiste opte pour une méthode plus douce et symbolique en invitant les gens à s’interroger sur la société à travers des performances et des installations vidéos. La Villette a choisi de faire connaître l’œuvre de cet artiste influent en Chine en exposant une sélection de ses photographies du 20 mars au 19 août à l’intérieur du parc. Une exposition inaugurée par une performance live au dessus de la fontaine aux Lions de Nubie où les promeneurs ont pu admirer la lévitation artistique de Li Wei.

 Mais qui se cache derrière Li Wei ?

Un petit homme fluet, discret et sportif  pour qui le corps est le moteur de l’impulsion artistique. En effet, pour cet artiste contemporain né dans la province de Hu Bei  et ayant grandi à Pékin,  la performance est au cœur de la démarche artistique nous confie Claude David Basualdo, la commissaire de l’exposition « L’individu est l’association d’un corps et un cerveau qui guide tout. Mais les circonstances dans lesquelles nous vivons imposent certaines contraintes dont chacun doit tenter de s’affranchir ». Une mission que Li Wei s’est donnée en essayant de défier les lois de l’équilibre et de la gravité à travers des performances aériennes étonnantes.

li wei 3

Des compositions complètement décalées

Un travail symbolique et métaphorique que le parc de la Villette offrira aux yeux des promeneurs le long du Canal pendant plusieurs mois. Une série de photographies où Li Wei se met lui-même en scène au sein de compositions décalées et inattendues qui se veulent une réflexion sur les rapports humains dans la société mondialisée. Une société où les femmes sont des guerrières dominatrices qui instrumentalisent les hommes. Comme dans ce cliché où Li Wei est malmené par une femme le secouant avec un fouet, celle où il est jeté par l’une d’elles comme un boomerang ou encore celle d’une jeune fille qui le suspend à un arc, prêt à le lancer.

li wei

Une technique étonnante

Quant à la technique utilisée, l’artiste se suspend à l’aide de câbles qu’il retire ensuite sur Photoshop afin de ne laisser que le sentiment de lévitation et d’apesanteur sur la photo. Le but est vraiment de montrer que l’homme peut se libérer des contraintes imposées par la société grâce à la force de l’imaginaire.
Et la performance donnée à la Villette en ce beau mardi de printemps était à la hauteur du rêve que li Wei nous avait promis. Une chimère dans laquelle l’artiste a pris les traits d’un moine Tibétain s’élevant tel un fantôme au dessus de la Fontaine entraînant des fumigènes rouges sous ses pieds. Une sorte de tableau
Mortuaire allégorique qui réfère probablement à la répression chinoise au Tibet. Une peinture à dominante de rouge qui met en scène la fusion des éléments.
Quand on demande à l’artiste ce qu’il a voulu transmettre comme message, il répond « J’ai une formation en dessin à l’origine et c’est sûrement pour cela que ma performance ressemble à un tableau mais je recherche avant tout à transmettre une émotion et à donner du bonheur à ceux qui m’observent ».

Pari gagné ! Mais le vrai bonheur c’est qu’il reste encore cinq mois pour admirer ses performances au détour du parc de la Villette.
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