Beit el Nessim: Un havre de paix au cœur des troubles ?

Ces derniers temps les habitants de la ville de Tripoli ont connu des jours difficiles, voyant leur centre-ville traditionnel pris d’assaut par l’Etat Islamique. Afin de ne pas sombrer dans la morosité ambiante, j’ai donc décidé de vous parler d’un endroit particulier, foyer d’énergie positive niché au cœur de la ville, qui vient rappeler que la cité du nord Liban n’est pas seulement le théâtre d’affrontements sanglants mais aussi celui de projets stimulants. Bienvenue chez Beit el Nessim.

Une maison à l’architecture traditionnelle
Beit El Nessim, ou encore maison du vent en arabe est une maison d’hôte ouverte en 2012 par Nabil Najjar, professeur de yoga et ancien photographe, et son épouse Maya Sourati. Cet espace de recueillement zen s’inscrit entre les murs d’une ancienne demeure tripolitaine datant du 18ème siècle. Si leur leitmotiv principal est la rénovation d’une “architecture exceptionnelle″, le couple a surtout souhaité préserver “l’héritage architectural de la ville, de ses rues piétonnes et de ses jardins″, profitant pour cela d’un cours de l’immobilier avantageux. Une initiative accueillie très positivement par la communauté qui a été mise à contribution lors de l’édification du projet. “Les habitants étaient vraiment heureux de voir que nous ramenions à la vie cette figure du paysage local, délaissée depuis des années. De plus, nous avons employé de la main d’œuvre locale pour réhabiliter la bâtisse″ 

Son architecture est un mélange d’éléments du 18ème et 19ème siècle. Alors que le premier étage se compose de voûtes en pierre, le deuxième comporte des poutres de bois qui viennent soutenir le plafond, suivant le modèle des bâtiments de l’époque ottomane. Le mobilier, quant à lui, est constitué exclusivement d’antiquités, dont certaines en provenance d’Inde, pays cher à Nabil “L’inde m’a beaucoup inspiré, j’y ai fait des recherches spirituelles et j’apprécie autant son esthétique que ses ondes″.
En plus des chambres et d’un cadre paisible, ce  ‘bed and breakfast’ propose un petit déjeuner à base de spécialités et pâtisseries locales. De quoi ravir une clientèle qui, au regard de la situation, se compose majoritairement d’étrangers et de personnels d’ONGs.

Un espace culturel et un centre de yoga pour apaiser les esprits
Mais cette maison d’hôte ne se limite pas à l’hébergement de visiteurs puisqu’elle abrite aussi des événements culturels variés comme des concerts, des expositions artistiques, ou encore des sessions de lecture de poésie. Elle prête aussi occasionnellement ses murs à des programmes pour des chaines de télévision. Une série de projets que l’on peut considérer comme une brise d’énergie positive au sein de la population, dans ces périodes particulièrement hostiles pour la ville. Des énergies transmises par Nabil qui partage son temps en Tripoli et Beyrouth où il enseigne le yoga dans son centre Beirut Yoga de Gemmayze. Des cours qu’il prodigue aussi aux passagers de sa maison du vent, soufflant du bon karma au sein de son temple zen. Un cadre harmonieux que Nabil souhaite bien conserver et entretenir malgré l’actualité récente, à travers l’ouverture de son café : Café el Nessim le 21 novembre. Et déjà un menu qui promet avec des soupes et infusions à base de plantes indiennes aux vertus thérapeutiques.

Article complet sur le site de l’Agenda Culturel

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