Crumb, entre névroses et fantasmes

Depuis avril, le musée d’Art moderne de la ville de paris consacre une importante rétrospective au célèbre illustrateur underground, Robert Crumb. Notamment connu pour ses bandes dessinées satiriques et immorales, Robert Crumb est une figure mythique de la contre-culture des sixties. Le sexe, la drogue, les perversions… aucun sujet n’est tabou pour cet illustrateur qui utilise les comics comme moyen d’assouvir ses instincts les plus déviants.

 

 

On pourrait penser qu’il est à la mode d’exposer des illustrateurs de bande dessinée, comme en témoigne l’exposition récente du Centre Pompidou consacrée à Art Spiegelman. Sébastien Gokalp, conservateur au musée d’Art moderne s’en défend : « On cherche avant tout à mettre en avant des artistes dont l’œuvre a marqué l’histoire de l’art. Robert Crumb n’est pas qu’un bédéiste, il est surtout un illustrateur prolifique qui a dessiné des pochettes de disque comme des couvertures de magazine. » Au final, plus de 700 dessins de Robert Crumb sont à découvrir.

Si c’est au début des années 60 que Crumb commence une carrière d’illustrateur au sein d’une entreprise de cartes de vœux avant de rejoindre le magazine Help, c’est véritablement en pleine vague hippie, dans l’atmosphère hédoniste des 60’s que Crumb va trouver le trait qui le caractérise. Tel Hunter S. Thompson dans Las Vegas Parano, c’est aussi sous l’effet du LSD que Crumb crée ses personnages loufoques aux aventures délirantes. Parmi eux, Mr. Natural, gourou des temps modernes ou encore Fritz the Cat, un chat libertin, allégorie de la jeunesse libérée des sixties. C’est à cette époque qu’il réalise une série de personnages féminins aux allures de guerrières charpentées comme Yeti Girl ou Devil Girl. « Ne trouvant pas l’objet de ses fantasmes dans la vie, Robert Crumb a décidé de les dessiner », explique Sébastien Gokalp.

Des fantasmes que Robert Crumb couche sur le papier à travers un style affranchi des contraintes morales. Ses planches sont le théâtre de ses perversions les plus extrêmes, ce qui lui vaut quelques scandales et procès. Un travail introspectif et débridé que Crumb poursuivra jusque dans les années 80 avec sa revue érotico-comique Weirdo.

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