Cody Chestnut, la bouffée d’air cool

En pleine vague électro-pop, on oublierait presque ces artistes d’un nouveau genre qui rendent hommage à une autre époque ; celle de la Motown et du rythme and blues.
Ces troubadours de la néo soul proposent une musique chaleureuse et spirituelle, plutôt dépaysant dans le paysage musical actuel. Heureusement, Cody Chesnutt fait partie de ceux là et nous offre une musique à la fois positive et profonde avec sa voix chaude et ses chansons groovy. L’artiste américain originaire d’Atlanta sort un nouvel album Landing on an hundred ; fruit de ses pérégrinations spirituelles et hymne à l’authenticité de la vie. Après un passage inattendu mais remarqué au festival We love green, je l’ai rencontré afin de discuter de son nouvel opus mais aussi d’en savoir plus sur cet artiste aussi talentueux que mystérieux.

Paulette : Entre headphone Masterpiece, ton premier album, et la sortie de Landing on an hundred, tu as mis beaucoup de temps à faire ton come-back. Pourquoi t’être fait attendre si longtemps ?

Cody Chesnutt : Je suis tout simplement devenu père de famille et comme c’est un travail très exigeant  j’ai décidé de m’y consacrer à temps plein. Mais je n’ai jamais arrêté la musique, j’attendais juste le bon moment pour prendre le temps de créer quelque-chose.
« Nous vivons dans une société superficielle où les gadgets ont remplacé le vrai sens de la vie« 

Landing on an hundred  est assez difficile à traduire en français, peux-tu nous expliquer ce que ça signifie ?

C’est un jeu de mot reprenant une expression anglo-saxonne « keepin it one hundred », qui signifie être honnête, réel en quelque sorte. J’ai voulu dans cet album parler des choses signifiantes de la vie qui affectent les gens sincèrement et profondément comme le mariage, la vie en communauté ou la croissance personnelle et spirituelle. De nos jours, nous vivons dans une société parfois superficielle où les gadgets remplacent le vrai sens de la vie. Cet album est au sujet de ma maturité et de mon évolution spirituelle.

As-tu enregistré ce nouvel album dans ta chambre comme le précédent?

Quand j’ai réalisé Headphone Masterpiece, je venais de me séparer de mon groupe à Los Angeles (ndlr Crosswalk) et la seule chose qu’il me restait était une cassette 4 pistes, mais j’ai continué de faire de la musique comme ça pour garder mon équilibre. Pour Landing on an hundred, j’ai enregistré dans les Royal Studio à Memphis (Tennessee) avec des musiciens mais le processus fondamental reste le même en revanche ; moi et mon microphone essayant de faire la musique la plus organique qui soit.

Comment as-tu été amené à enregistrer au Royal Studios de Memphis (siège de beaucoup d’artistes de la Motown comme Diana Ross, Marvin Gaye…) Comment se sont fait les connexions avec ce studio mythique ?

Très étrangement, nous sommes allés là-bas car il s’agissait simplement du studio qui proposait le meilleur rapport qualité prix pour le type de sons que nous recherchions. Je vivais en Floride et je cherchais un studio plutôt économique qui permette d’enregistrer en analogique, Memphis était le meilleur choix.

 
Qu’est-ce que tu as ressenti là-bas pendant l’enregistrement ?

C’était fantastique ! Chaque pièce était empreinte de l’énergie des artistes qui l’ont traversé, il y avait quelque-chose d’éternel inscrit entre ces murs. C’était une expérience émotionnelle spéciale.

Quelles sont les choses qui te touchent le plus dans la vie ?

Ça peut être n’importe quoi, simplement des moments avec ma femme et mes enfants. Je veux ressentir l’humanité dans ce que je vis, ce qui m’amène à beaucoup écouter et observer ce qui m’entoure. C’est comme ça que tu reçois le plus.

Tes textes sont-ils toujours autobiographiques ?

Certains oui, d’autres relatent les expériences de gens que je connais. Mais si je décide d’écrire une chanson sur un sujet, c’est toujours parce que je trouve quelque-chose d’universel dans ces histoires. Par exemple, dans Everybody’s Brother, je parle de la dépendance à la drogue qui est un combat que des amis à moi ont connu pendant des années. Dans cette chanson il y a aussi un homme qui drague des femmes et ne les traite pas comme elles le méritent. J’ai été cet homme.

« La musique doit te permettre de connecter à tes émotions »

Tu ne penses pas que notre époque manque de réels artistes soul/blues ?

Totalement. Pour moi, la musique doit te permettre de te connecter à tes émotions. Si tu ne pleures pas quand tu écoutes une chanson, c’est qu’il n’y a pas d’âme dans la musique. De nos jours, je trouve que les artistes proposent du son mais oublie d’y apporter du cœur. La musique doit te rappeler une expérience personnelle, l’amour de ta vie ou un membre de ta famille,  si ce n’est pas le cas c’est qu’il manque quelque-chose d’essentiel.

Une des chansons préférées de la rédaction est Til I met Thee avec son refrain entraînant, elle véhicule des bonnes ondes. De quoi s’agit-il ?

Cette chanson parle de mon voyage spirituel à une période où j’étais perdu. Plus généralement, elle traite de l’évolution d’un homme, de sa croissance. Avoir des enfants m’a beaucoup aidé à reconnaître la vraie valeur des choses dans la vie. Le succès de Headphone Masterpiece m’a amené à tourner une autre page de ma vie. Je vis désormais à la campagne et ça m’aide à garder les pieds sur terre, j’ai la foi et je veux garder mon authenticité. Cette chanson, c’est l’histoire d’une renaissance personnelle.

 
Que peut-on attendre de toi dans les prochains mois ?

Je vais faire a promotion de mon album en Europe pendant un an et demi car les européens sont vraiment réceptifs à ma musique, ils sont très attentifs et c’est un plaisir. Je serais au Portugal en décembre et ensuite en Afrique du sud, Asie et Australie. Mais j’espère dès que possible pouvoir retourner auprès de ma famille.

Article complet sur le site de Paulette magazine
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