Rudy: quand le bonheur des uns fais le malheur des autres

Rudy c’est qui ? C’est un trentenaire au sourire un peu candide. Comme vous et moi, il traverse la vie et les emmerdes, mais avec l’innocence et la légèreté d’un enfant. De ses aventures, on rit souvent mais on pleure parfois aussi.
Le point de départ du spectacle : La mort de sa mère. De cet événement tragique, va découler une série de sketchs loufoques et cocasses. Servie par une bande de comédiens hilarants et déjantés, cette histoire nous balance entre humour et émotion, à travers les pérégrinations extraordinaire d’un mec ordinaire. On jubile, on se détend, on s’oublie. Bref un bon antidépresseur au beau milieu de l’hiver.
Paulette : Quand est-ce que tu as eu le déclic avec la comédie ?
Rudy Milstein : Depuis tout petit. Enfin, j’ai d’abord voulu être paléontologue avant même que Jurassic Park ne rencontre le succès qu’on lui connaît. Mais j’ai toujours été fasciné par ceux qui sont sur scène. Sauf qu’à l’époque je préférais être auteur, ça me faisait peur d’apprendre tous ces textes.
 
Où as tu fait tes premières armes ?
J’ai commencé à 13 ans dans une compagnie semi-professionnelle, on montait des pièces et on les jouait dans les châteaux de la Loire. Mes premiers souvenirs de scène datent de cette époque, entre 13 et 18 ans, quand je jouais dans les châteaux en extérieur. Puis j’ai fait prépa HEC, une école de commerce, et c’est pendant l’école que j’ai commencé les cours Florent.
 
Comment as-tu intégré la troupe de pierre Palmade ?
Je l’ai intégrée sur audition. Je jouais dans une pièce de mes meilleurs ennuis de… et j’ai sympathisé avec Alexandra Chouraqui qui m’a dit que Pierre Palmade cherchait des comédiens pour un nouveau projet. Il fallait soit interpréter un sketch connu, soit écrire. J’ai décidé de présenter ce qu’ j’avais écrit et comme ça s’est bien passé, là je me suis mise à écrire régulièrement à partir de ce moment là.
C’est toi qui a écrit le spectacle, alors est-ce que cet homme de 30 ans hyper naïf et lunaire te ressemble ou c’est  juste un « toi » exagéré ?
Et bien non, ce n’est pas moi et heureusement,  ça signifierait que je serai seul, sans amis. Tu me demandes si je suis débile en fait ?(rires)
 
C’est pour ça que j’ai pris des précautions pour tourner ma question, je ne voulais pas faire de gaffe…
Ah ah, non, ce n’est pas du tout moi, même si son optimisme et sa naïveté peuvent me rejoindre.
Oui d’ailleurs ce personnage est assez horrible, notamment lors d’une scène particulièrement drôle où il annonce d’une manière totalement détachée et naturelle que sa petite copine est morte.
Oui c’est ce qui était intéressant dans le personnage, c’est sa capacité à être léger dans toutes les situations tragiques de sa vie. Quelque-part, sa réaction est une sorte de fantasme pour moi. J’aimerai être dans son monde intérieur où on peut tout dire, tout faire, et tout assumer.
Qu’est-ce qui t’a inspiré ce personnage ?
A la base, j’ai écrit ces sketchs pour jouer avec les comédiens de la troupe que j’admire énormément. Au fur et à mesure, j’ai réalisé que j’interprétais souvent le même personnage donc j’ai décidé d’en faire un personnage de spectacle.
Il y a pas mal d’absurde dans ton spectacle, est-ce un registre qui te correspond ?
On me dit souvent ça mais pour moi, ce n’est pas si absurde que ça. Tant que les personnages sont vrais, que ce qu’ils disent est crédible et que c’est joué de manière sincère, ce n’est pas absurde. Je dirai plutôt que c’est loufoque.
Ton pire souvenir sur scène ?
Les mauvaises expériences avec les mauvaises personnes. Sinon une fois sur scène je disais ma réplique et à la fin de ma réplique, une spectatrice a dit « on s’en fout », du coup je me sentais très mal.  La semaine dernière aussi, avec les comédiens de la troupe on a commencé la pièce sur un fou rire. C’était assez difficile quand les spectateurs ne comprennent pas pourquoi et n’étaient pas du tout compatissants.
 
D’autres projets pour la suite?
Oui, je travaille sur l’adaptation en film de la pièce, sur un long métrage, et aussi sur une nouvelle pièce à deux personnages. J’ai aussi co-écrit une autre pièce de la troupe Les flics  et j’ai encore 15 milliards d’idées. Sinon j’aimerai bien faire du cinéma, ce n’est pas du tout le même travail mais ça offre plus de possibilités.
Tu peux nous en dire plus sur ce long métrage ?
Et non !  Je suis superstitieux donc tant que ce n’est pas fait je préfère ne rien dire.
Aurais-tu un rêve d’acteur ?
Oui, jouer avec Woody Allen mais je dois me dépêcher car il a 76 ans et il vient de tourner à Paris, donc j’ai déjà raté ma chance.
Une petite citation pour la route ?
« Soyez magique ! », c’est ce que Pierre Palmade nous dit avant d’entrer sur scène, je vais passer pour un lèche-botte mais c’est pas mal je trouve.
Les malheurs de Rudy
Petit palais des Glaces, jusqu’au 31 décembre
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