Et dieu créa Noguerra

Récemment remarquée pour sa réplique culte dans l’Arnacoeur « J’ai des fourmis dans la chatte », anciennement découverte dans le clip d’Indochine Tes yeux noirs, la petite sœur de Lio est un vrai caméléon. Actrice, chanteuse, écrivaine, la belle Helena Noguerraui ne cesse de nous montrer ses couleurs. Elle sort ce 26 août un nouvel album.

Intitulé Année Zéro, cet opus aussi insaisissable qu’elle même, mélange les genres sans complexes,  naviguant entre jazz, variété et pop.  Une renaissance pour la chanteuse chrysalide qui a accepté de se livrer à nous le temps d’une interview post apocalyptique.
 
Paulette Magazine : Tu as fait beaucoup de choses dans ta vie : cinéma, chanson, écriture. Finalement, qu’est ce que tu n’as pas encore fait ? Du cirque ?
Helena : Ah ah, et si, j’en ai fait pour le gala de l‘union, un spectacle de charité pour financer les retraites des artistes.  Mais j’aimerais bien danser avec un chorégraphe.
Ton album s’appelle Année zéro, peut-on parler d’une résurrection ?
Oui, c’est une reconstruction, un nouveau départ.  C’est aussi la première fois que je compose, c’est une nouvelle vie faite de déménagements. Le cinéma et le succès de l’Arnacoeur m’ont permis de travailler encore plus. J’ai tourné une dizaine de films depuis et je me sens enfin légitime car j’ai désormais de l’expérience.
Le bilan que tu tires de ces dernières années ?
Il faut oser, prendre confiance en soi, ne pas avoir peur d’occuper l’espace et en même temps marcher sans but. Prendre la vie comme elle vient.
Si tu devais réécrire l’histoire, qu’est-ce que tu changerais ?
Je supprimerais peut-être quelques chagrins, mais en même temps c’est de bonne guerre. Je  ne suis ni dans le regret nu dans la plainte et je pense que la meilleure manière d’être serein est de ne pas s’encombrer de choses inutiles. La vie est faite de deux choses : la naissance et la mort,  tout ce qu’on peut faire est vain donc entre les deux,  il faut prendre ce qu’il y a. Surtout que nos vies d’occidentales sont plutôt confortables, on n’est pas dans des luttes incroyables. Je ne suis pas une femme  sous burka, ni excisée, alors je pense que ça doit être simple.
Ton ex mari, Philippe Katerine,  avec qui tu as beaucoup collaboré par le passé est beaucoup moins présent sur cet album, il ne signe qu’une  seule chanson. Pourquoi ce changement ?
Il est toujours présent et sera toujours là car c’est une personne qui fait partie de ma vie mais il n’a plus cette place prépondérante. On a fait deux albums ensemble et la vie a passé. Pour cet album, j’ai beaucoup travaillé avec Philippe Eveno et Hugh Coltman.
« L’album est un hommage aux garçons »
 
Apparemment, chaque titre de ton album est dédié à un homme de ta vie. 10 chansons, ça fait beaucoup d’hommes non ?
Non, il y a une chanson hommage pour tous les garçons (The end of the story), et sinon le reste de l’album est un hommage aux garçons et à l’amour sous toutes ses formes…
Quel est  ton rapport avec les hommes justement ?
Il est simple, libre et amoureux. J’aime bien les hommes, je les trouve rigolos, pas rassurants mais drôles.
Ton album mélange beaucoup d’influences différentes, comment toi tu le décrirais ?
On ne peut pas le mettre dans les cases, tout comme moi, on ne sait pas si je fais de la chanson, du théâtre, du cinéma. Je suis insoumise et  je veux profiter de la vie. Cet album est à mon image, il est contre les diktats. Je n’ai rien à foutre de ce qu’on attend, je n’aime pas définir les choses, sauf si elles me permettent de me mettre en accord avec les autres, mais pas si elles m’enferment.
Qu’est-ce qui t’a amenée à écrire des chansons dans des registres si variés ? De Mr Paul, chanson pop mutineà The end of th story hommage plutôt blues, rien à voir non ?
C’est comme si j’avais trouvé une robe pour chaque chanson et que je faisais mon défilé. Mr Paul, c’est une petite robe d’été. The end of the story, c’est une robe de mariage. On pourrait aussi dire que j’ai taillé un costard sur mesure  à chaque garçon. The End of the story s’adresse à un Cow boy, Michèle et Michèle, est un costume élimé avec des traces d’alcool et de cendre, un costume de fin de soirée. Mon album n’est pas formaté, c’est de la liberté que je me suis permise.
Finalement, tu es plutôt fleur des champs ou dahlia noir ?
Moi je suis plus fleur des champs, je ne suis pas très sulfureuse.
« Ça n’a pas toujours été facile d’être la sœur de Lio »
Cet album est dédié aux hommes mais on y trouve deux duos que tu as partagé avec des femmes ; Lio (ta sœur) et Anna Mouglalis. Pourquoi elles ?
Ma sœur parce que c’est ma sœur et qu’il fallait réconcilier tout ça, je suis arrivée à un moment où je sui contente de chanter avec elle et de le montrer. Ça n’a pas toujours été facile d’être la sœur de Lio mais le temps qu’on croit ennemi est parfois bon. Pour Anna, un soir elle buvait un verre proche du studio je me suis dit que c’était elle mon Michèle avec sa voix suave, puis je la trouve si belle. C’était circonstanciel, je n’y ai pas réfléchi
Une petite citation à partager avec nos lectrices ?
Oui, c’est une phrase de l’artiste Francis Picabia. « Dans la vie,  l‘obstacle c’est le but ». Ça résume bien ma philosophie du bonheur tout de suite et maintenant, ça ne sert à rien de courir après quelque-chose.
Pour la suite, qu’est-ce qu’on peux te souhaiter ?
Rien de pire. Continuer comme ça.
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