Elephanz : Le changement, c’est maintenant!

Le changement c’est maintenant ! La devise n’a jamais été aussi vraie car il était grand temps que le premier album de ces deux Nantais sorte de l’ombre. Après le succès de Stéréo, les deux frères présentent aujourd’hui leur premier opus, Time for a change, fruit de cinq ans de tergiversions musicales et existentielles. Un zeste pop à diluer dans son café le matin. Interview
 
Paulette  : Qu’est ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?
Maxime : Si on remonte aux sources, on n’a pas eu le choix puisque nos parents nous ont forcé très jeunes à apprendre d’un instrument. Heureusement, on ne s’est pas trop lassé par la suite.
Vous avez suivi le Conservatoire ?
Jonathan : Maxime a fait du piano dès le départ et ça a bien marché pour lui.  Pour ma part, j’ai fait du violon, de la clarinette et du saxo alors que ce que je voulais réellement, c’était chanter. Ces instruments n’étaient donc absolument pas fait pour moi. J’ai alors tout arrêté, tout désappris, pour débuter la guitare vers l’âge de 13 ans. Puis Max est parti faire des études d’ingénieur, moi du droit tout en prenant des cours de comédie et en écrivant des chansons à côté. On s’est retrouvé par hasard il y a trois ans quand on a essayé d’écrire une chanson ensemble. Alors que je me confrontais à des murs dans la musique, Maxime avait des facilités incroyables à composer de bonnes chansons pop ; le mariage a plutôt bien marché.
Votre première scène ?
Maxime : C’était un petit café à Nantes qui s’appelle Larsen. On existait depuis 6 mois et nos chansons tournaient sur Internet, il y avait une réelle attente. Pour la première fois,  a du s’entourer pour la scène avec  une  basse et une batterie. On a joué comme des pieds à Larsen. Par la suite, on a eu la chance de faire des festivals, de se développer et de faire des organisations de scène.
Comment avez –vous réussi à vous médiatiser?
Maxime : Notre passage au Trans Musicales de Rennes nous a beaucoup ai !dés. On a  également eu la chance d’être très bien entourés dès le début avec un manager au bout de seulement 6-7 mois d’existence. C’était l’époque de Do you like my song. Sinon j’envoyais tout seul des mails aux radios locales pour leur demander de diffuser la chanson. Mais c’est vraiment grâce aux Trans qu’il y a eu un buzz autour de notre passage. Notre passage nous a permis d’obtenir une tournée en 2010 avec une trentaine de dates l’été. Nova était partenaire et a largement contribué à diffuser de notre titre Stéréo.
« C’est beau d’être face à l’angoisse ! »
Votre meilleur souvenir de scène ?
Maxime : C’était pour une soirée BDE à Rouen où deux groupes s’affrontaient pour tenir les rênes des associations. Le concert qui s’annonçait comme le pire de tous car il nous manquait un clavier. Les conditions étaient hyper précaires, mais finalement c ‘était génial.
Jonathan : Les meilleurs moments de scène sont souvent aussi ceux de grand désespoir. L’an dernier, on a vécu une coupure d’électricité sur scène. C’était le grand chaos ; Thibault et Clément ont fait de la batterie, moi du slam, il y avait une ambiance tribale. On est pas du tout forts dans l’improvisation mais ces conditions nous ont permis de nous découvrir capables de maintenir le film. C’est beau d’être face à l’angoisse !
Maxime : Il y a des concerts comme celui-ci où tout bascule, et où on comprend soudainement ce qui nous fait continuer. Ce lâcher prise nous a rappelé pourquoi on avait choisi ce métier.
Jonathan : On est un groupe de studio. Ce qu’on aime, c’est être enfermé,  faire des mélodies et choisir celles qu’on préfère. Etre sur scène nous terrorise, même si avec le temps ça va mieux
Maxime : Et c’est normal, c’est difficile tu mets à disposition le travail sur lequel tu t’es investi.
Votre première désillusion, déception ?
Jonathan : ça arrive souvent car pour faire ce métier, tu  sais que tu es nécessairement un peu rêveur. Tu as donc des attentes démesurées par rapport à ce que la vie t’offre, à moins d’avoir un succès incroyable. On a souvent attendu des échéances de choses qui, au final, ont mis beaucoup de temps à venir. Il y a cinq ans on pensait qu’on ne serait plus les mêmes personnes le jour où on aurait une maison de disque, un album. Mais au final, tu changes tout doucement et quand les choses arrivent, tu as toujours les mêmes préoccupations et angoisses. Donc la grande désillusion, c’est de penser que la peur, ça va changer comme ça d’un claquement de doigts.
Vous entendez quoi par changer ? Gagner confiance en vous ?
Oui, être plus légers. Ne plus avoir l’angoisse de nous lasser. Il y a des titres qu’on joue encore au bout de trois ans et on est content de voir qu’il y a toujours un engouement de la part du public et de nous mêmes.
Jonathan : Etre validé, avoir  ne plus l’angoisse de l’imposteur. Ça devient lourd comme conversation (rires).
J’ai l’impression que c’est l’Instant Mireille Dumas vie  privée/vie publique. Passons à un sujet plus léger,  quel est l’artiste qui vous touche le plus ?
Jonathan : Le destin tragique d’Elliot Smith qui est mort trop jeune, pas assez connu ni reconnu alors qu’il avait des facilités incroyables. Sinon en ce moment je suis très ému par Stromae, c’est  un gars qui a un talent remarquable et pour le coup, ce n’est vraiment pas un imposteur.
Maxime : J’ai été happé par le charisme de Carl Barât (The Libertines) en concert et me suis laissé séduire par Fauve et la voix de  Asaf Avidan.
Jonathan : J’ai aussi envie de parler de gens que je connais, de mon ami Cyril Pedrosa, dessinateur de BD. C’est génial de se projeter et de parler avec un gars qui ne fais pas le même métier que toi, mais avec qui tu partages les mêmes envies, angoisses et solitude d’adolescence.
« Une de nos chansons favorite est en français »
Vous nous réservez des surprises sur le nouvel album ?
Jonathan : Oui une grosse surprise puisqu’une de nos chansons favorite est en français.
Maxime : Surprise dans le sens où on l’a enregistré à des périodes et endroits différents.
Où l’avez-vous enregistré ?
Maxime : Chez nous à Nantes et à Paris en studio. Du coup, techniquement on a des niveaux de voix différents. Certains avec Florent Livet (Philippe Zdar) et d’autres avec Pierre Guimard (Lily Wood and the Prick) rue Legendre.
Jonathan : Ce n’est pas un album de trois semaines mais vraiment d’expérimentations. Premier album sur 5 ans. 50 chansons et on a enregistré certaines. C’est cohérent.
A l’image de votre dernier titre, Time for a change, qu’est ce que vous aimeriez changer dans vos vies ?
Maxime : Côté matériel,  j’aimerais habiter à Paris.  Sinon, j’aimerais changer mon regard vis-à-vis de mon travail, me sentir pris au sérieux et réussir à en vivre.  J’aimerais aussi changer de coupe de cheveux.
Jonathan : Hum…. Pas facile comme question.
Il n’y a absolument rien à changer dans ta vie? Même pas la cuvette des toilettes ?
Jonathan : Je suis assez heureux en ce moment. La gauche est au pouvoir.
La chanson que vous pouvez écouter en boucle.
Maxime : En ce moment j’écoute Skyscraper du groupe Elephant et aussi La forêt de Lescop
Jo : Married Children de Oasis
 
Une citation à partager avec les lectrices de Paulette…
Maxime : Le Maxime désabusé dirait que les langues ont toujours du venin à répandre, sinon le Maxime idéaliste dirait : Les femmes sont plus chastes des oreilles que tout le reste du corps.
Jo : Oui ça me va bien aussi.
A bon entendeur …
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